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Faut-il réadapter son style de management face à la crise ?

​Le leadership a indéniablement changé de visage. Le management aussi.

Visioconférence avec cuisine et enfants en toile de fond, problèmes de connexion… la crise sanitaire que nous venons de vivre a rebattu les cartes du management « classique », en brouillant une bonne fois pour toutes les frontières entre vie privée et vie professionnelle. Alors que les équipes s’habituent à travailler à distance depuis des mois, de nouveaux enjeux s’imposent aux managers : maintenir la motivation des salariés, faire vivre le collectif autrement, savoir prendre des décisions stratégiques à distance, et surtout faire preuve d’une nouvelle tolérance et d’une nouvelle compréhension des impératifs et des aspirations de chacun.

Une « nouvelle normalité » du leadership ne va pas faire irruption dans les entreprises, dans les mois qui viennent. Du moins, pas brutalement. Les évolutions se font mais elles prennent du temps. Cependant la situation que nous avons vécue a indéniablement défié toutes les pratiques classiques du management. Pendant longtemps, le leadership s’entendait invariablement du haut vers le bas, il existait une réelle verticalité, avec des techniques de management que l’on apprenait dans des écoles de management. Or, depuis quelques années, on se rend compte que le bon fonctionnement d’une entreprise ne tient pas seulement à des règles spécifiques à appliquer, mais aussi aux qualités profondément humaines de l’équipe. Depuis plusieurs années déjà, les individus ne veulent plus de dirigeants aux egos surdéveloppés, animés d’une forte dominante narcissique.

Avoir envie de se lever le matin

Le véritable changement, qui s’est accéléré pendant cette période inédite, tient à ce que les collaborateurs sont prêts à accepter dans le cadre de leur travail. Alors que l’on commence à prendre un peu de recul sur les derniers mois écoulés, de premiers constats émergent : sur le plan personnel, d’abord, il en ressort que pour certains, cette période a été l’occasion d’une prise de conscience sur leur propre mode de vie, sur le sens de leur métier, sur la mission et la vision de l’entreprise pour laquelle ils travaillent, sur le type de management qu’ils souhaitent au fond d’eux-mêmes… Jusqu’alors, on disait que l’arrivée de la génération Y sur le marché du travail allait bouleverser les pratiques, car cette génération ne souhaitait pas travailler pour n’importe quel leader. Aujourd’hui, ce constat s’étend peu à peu à toutes les classes d’âges, et aussi bien aux hommes qu’aux femmes. Il faut se souvenir qu’en 2016, Gallup révélait, dans son étude sur les millennials, que la génération Y était la génération la moins engagée dans le monde du travail –71% d’entre eux déclaraient ne pas être engagés émotionnellement, ou d’un point de vue comportemental, vis-à-vis de leur emploi ou de leur entreprise. Or, rien n’est plus exaltant que de trouver sa voie et de travailler pour une cause, un leader ou une institution qui donne envie de se lever le matin. Avec la crise sanitaire que nous traversons, il est à craindre que cette prise de conscience vis-à-vis de son travail, de son manager et de son entreprise se généralise à toutes les générations, bien au-delà des millennials.

Contre-productif et nuisible

Dans la difficulté, c’est finalement le management de l’empathie, de la confiance et de la sincérité qui a été le grand gagnant pendant le confinement. A l’inverse, on a vu, sur les réseaux sociaux, desbad buzzont été déclenchés à la suite du partage d’e-mails internes, où il apparaissait que certains managers infantilisaient leurs employés en télétravail.C’est contre-productif et nuisible pour l’image des entreprises impliqués.

Plus que jamais, deux qualités sont aujourd’hui essentielles pour être un bon manager. Tout d’abord, il s’agit de faire preuve d’humilité, ce qui implique, par exemple, d’admettre qu’on n’a pas toutes les compétences et que, parfois, il faut aller les chercher ailleurs. Mais l’humilité est difficile à montrer, il s’agit davantage d’une affaire de perception. En effet, ceux qui travaillent directement avec vous peuvent vous voir comme une personne humble, alors que d’autres auront potentiellement une vision différente. Sur ce plan, ce sont les actes, presque plus que les paroles, qui comptent.

Source : hbrfrance.fr